Telepolis
(La Antena)
d'Esteban Sapir -
2008 |

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Dans une société totalitaire où la Télévision dicte sa loi, les habitants ont été privés de leur voix et ne peuvent plus communiquer. Obnubilée par les programmes créés par le dictateur Mr Tele, la population se doit de regarder, consommer et manger littéralement ses émissions. Mr Tele a pour ambition une solution finale visant à hypnotiser toute la population pour s'assurer de sa dévotion totale. La Voix, seule survivante de ce monde anéanti, possède encore la parole et représente l'unique espoir de faire changer les choses grâce à son fils, aveugle, également capable de parler. Un film audacieux, en noir et blanc, d'une ingéniosité incroyable, jusque dans les sous-titres qui vivent autant que le spectateur cette expérience cinématographique avec quelques séquences d'animation artisanales avec la musique envoûtante de Leo Sujatovitch.
“Un pamphlet engagé sur le cathodisme contemporain transmué en une fable poétique d’une incroyable inventivité visuelle" selon le réalisateur Esteban Sapir.
Un chef d'œuvre qui puise son inspiration dans un siècle de cinéma, des fantaisies de Georges Mélies aux univers de Terry Gilliam en passant par l'expressionnisme de Fritz Lang, les audaces visuelles du cinéma soviétique de la grande époque, Buñuel et quelques surréalistes, une poignée de grands classiques de la science fiction, les expérimentations de Lars Von Trier et le goût du rétro des films de Caro et Jeunet.
Le film a été volontairement réalisé avec des bouts de ficelles : "je voulais que ce mélange des éléments anciens à des éléments plus modernes recyclés, comme une machinerie résultante du processus de la pensée". Avec un langage naïf et innocent, l’histoire de Telepolis (La Antena) se construit son propre monde en temps réel dans une atmosphère infantile et hypnotique qui accompagne cette fable.
http://www.youtube.com/watch?v=38ygNZhZ1IQ
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Prix du Public aux 23ème Rencontres des Cinémas d'Amérique Latine. |
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Buenos Aires présente une curieuse architecture, capable de côtoyer les genres les plus dissemblables. Dans cette ville, les chemins de Mariana et Martín se croisent sans rien connaître de l’existence de l’autre. Ils ont pourtant en commun la solitude, des phobies sociales dès qu'ils quittent leur appartement. Sont-ils fait pour se rencontrer ? En patient observateur, le cinéaste décrit sa ville avec ses beautés et spécificités, avec humour et minutie. Avec un regard parfois poétique, souvent ludique, il est le témoin de la solitude urbaine et de la technologie moderne.
Premier long-métrage de Gustavo Taretto, Medianeras était un court métrage qui remporta 40 prix dans le monde entier – un court métrage qui recelait déjà en lui ce long métrage où l'on aborde l'intimité d'une Buenos Aires sans fars, avec ses absurdités et contrastes.
avec Pilar López de Ayala, Javier Drolas et la participation d'Inés Efron.
http://www.youtube.com/watch?v=fPc9D5eLLig
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2009-2010 - 1h40 - Scope -
Couleur -
Dolby SRD -
Visa 120115 -
Production Tarantula -
Distribution Tamasa
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Cela n'arrive pas tous les ans, un long-métrage dans le milieu du tango argentin. Celui-ci ne tourne pas autour de la danse (même s'il y a quelques scènes) mais du tango chanté. Présenté en août 2009 au festival de Locarno, puis sorti en Belgique en juin et en novembre 2010 en Argentine, ce film est sorti sur les écrans français le 6 avril dernier.
On connaît déjà le réalisateur argentin résidant en Belgique depuis 1997 où il a fait l'INSAS (Ecole de cinéma, après un diplôme d’avocat), notamment pour son documentaire Nosotros en 2004, ou son premier long-métrage La Marea, en 2007 avec déjà celle qui, de son égérie, est devenue sa femme, la danseuse, actrice et désormais chanteuse de tango Eugenia Ramírez Miori. Ils font tous deux partie des acteurs de la scène tanguera de Bruxelles et savent donc de quoi ils parlent !
Réalisateur, scénariste et chef-opérateur, Diego Martinez Vignatti nous plonge ici au coeur de l'expérience solitaire d'une femme dévastée par la fin d'une histoire d'amour et pour qui le chant et l'exil volontaire permettra peut-être de refermer les plaies. Amateurs de film d'action s'abstenir, ce film assume le choix du silence, des plans séquences (et des plans fixes), du temps de l'introspection et de la sensation. Obsédée par la perte de son amour, la jeune femme s'enfonce dans la douleur. Malgré un nouveau contrat qu'elle accepte avec ses musiciens au Théâtre Homero (parce que son maître, Oscar Ferrari veut croire qu'elle chantera pour lui), elle finira par quitter sa ville, dans un parcours en taxi où chaque coin de rue lui rappellera ce monde qu'elle quitte.
Dans ce nouveau pays où les éléments se déchaînent, la mer, le froid et le vent balayent peu à peu, à coup de ballades à pied ou à bicyclette, sur les falaises ou la jetée, le mal être. Une noyade littérale et symbolique dans le chagrin et la mer, la découverte du pétrissage de la pâte à pain et un retour difficile et progressif vers le chant finiront par la transformer et l’amener à pouvoir écrire une nouvelle page de vie sur le mur fraîchement peint de sa nouvelle demeure en bord de mer.
Tout le film est centré sur elle et sa blessure absurde (comme dit le tango qu'elle interprète, La última curda), les autres personnages étant flous, de dos, ou en second plan, comme dans ce long plan-séquence où elle suit son ancien compagnon, lui toujours filmé de dos, au son des notes aigües du bandonéon.
La bande-son est particulièrement intéressante notamment par de multiples distorsions du son (parfois étouffé) en accord avec la perception décalée de l'héroïne, quand son regard s'éveille dans le bal, le son s'atténue; la ballade en taxi, la scène sous l'eau sans aucun son. Le seul son direct est quand Helena chante avec ses musiciens sur scène.
La voix permet de traduire les tourments d'Helena qui s'exprime en chantant sur scène mais s'enferme dans le silence dès qu'elle l'a quittée. Les paroles des tangos sont un véritable personnage, celui qui dit lorsqu'elle tait.
L'esthétique des cadres est cruciale, de même les paysages choisis, les couleurs et contrastes... qui surenchérissent la sensation d'étrange, d'éloignement, de façon quasi onirique parfois. Rien n'est laissé au hasard. Il y a toujours une fenêtre d'où voir la mer ou la ville, souvent un cadre dans le cadre, comme pour voir la réalité au travers d'une vitre, tant à Buenos Aires qu'en Europe.
Les effets de distorsion d'images renforcent la perte de sens ou des réalités, comme quand elle porte son regard au loin, perdue et où le bal est flou ou lors d'un transtrav (travelling compensé) quand elle vient écouter la chorale chanter et que cela lui procure une forte émotion puis quand on la voit enlacée à un homme, sans bouger alors que les autres couples dansent autour de la piste.
Quelques éléments fantastiques sont disséminés ça et là, comme ce téléphone rouge qui sonne sans arrêt sur la jetée.
Quelques bémols cependant dans le mutisme excessif qui nous éloigne parfois des personnages, avec lesquels j'ai eu du mal à entrer en empathie. Du coup, par contraste, quelques dialogues sonnent faux de même l'utilisation des mains d'Helena lorsqu'elle chante... Certains spectateurs pourraient être laissés au bord du cadre car si "la caméra est capable de lire les pensées et de radiographier l’âme", le spectateur le peut-il ? Le sens aigu du tragique peut friser parfois, selon les sensibilités, l'excès de pathos.
Le réalisateur a refusé une autre actrice, une autre chanteuse qui ne soit sa femme, qui n'a pas été doublée et assure chaque scène, avec force et fragilité.
Carlos Gardel est présent à plusieurs reprises dans le film, d'abord comme modèle suprême pour Helena puis avec Alma en pena dans la version qu'il a immortalisée.
Quelques références subtiles également au cinéaste Hugo Santiago, que ce soit dans le nom du quartet Aquilea, le Café Invasion ou le vieux monsieur qui écoute Eduardo Rovira. Pour ce nouveau film bilingue, français et espagnol, Diego Martinez Vignatti signe une fois encore la réalisation, l’image, et le scénario en collaboration avec Luc Jabon. avec Eugenia Ramírez Miori, Bruno Todeschini, et l'apport incontestable d’Alfredo Piró et d’Oscar Ferrari devenu le Maestro, voire l’ange gardien d’Helena/Eugenia (Ferrari est décédé avant d'avoir pu voir le film. Il était également présent dans le documentaire Café de los Maestros) dans leur propres rôles qui ont formé l'actrice à l'interprétation du tango. On les voit réunis dans la scène de la leçon de chant où Alfredo Piró s'entraîne au vibrato. Signalons les arrangements originaux de Juan Otero en Argentine et Hernán López Ruiz en Europe.
2009-2010 - 1h40 - Scope - Couleur - Dolby SRD - Visa 120115 - Production Tarantula -
Distribution Tamasa
http://www.youtube.com/watch?v=lnvz-fo-QEs |