Film : L’homme à la moto

6 €
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L’homme à la moto de Agustin Toscano, 1 h 34, 2019

Avec Sergio Prina, Liliana Juarez, Leon Zelarayan

Drame

Nationalités Argentin, Uruguayen

 

Tucumán, en Argentine. Miguel tente de joindre les deux bouts en pratiquant le vol à l’arraché depuis sa moto. Un jour, alors qu’il dérobe son sac à une vieille dame, il la blesse grièvement.

 

Le film d’Agustin Toscano confronte habilement le récit individuel, celui de son piteux héros, avec une société en crise, celle de l’Argentine en faillite, de la pénurie, des rapports de classes qui déterminent aussi les relations entre les divers personnages. C’est dans sa manière de lier destin individuel et structures de la société que L’Homme à la moto trouve une forme de pertinence.

 

Le film est une chronique douce-amère de la culpabilité, centrée autour d’un père souhaitant si ce n’est se racheter, tout au moins changer de comportement. Agustin Toscano pose en toile de fond, une ambiance tendue, avec des infos qui relatent pillages et grève de la police, et un fonctionnement familial qui relève presque du gang. Inscrivant mieux ainsi l’action de son protagoniste dans un élan de remords et de générosité, il questionne au passage la capacité de chacun à s’extraire de son milieu, l’ombre du complice rodant tout autant que celle de la police.

 

La relation entre les deux personnages, le voleur et la victime, intrigue, le spectateur devenant témoin d’un potentiel double mensonge. Face à un scénario à tiroirs, la mise en scène s’attelle, elle, à montrer les limites de la générosité et à faire ponctuellement monter la tension. Et quelques bonnes idées viennent ça et là donner un peu de supplément d’humanité à ces personnages prisonniers de leur condition (la désinfection tout nu avec seulement le casque de moto, le souvenir des deux sœurs…), comme donner un peu le vertige (les plans nocturnes, filmés en oblique…).

 

 

"J’avais l’idée du film en tête depuis de longues années. L’origine date de plus de dix ans, le jour où deux motards ont trainé ma mère sur le sol pour essayer de lui voler son portefeuille. Cette scène réelle m’a amené à une fiction que j’ai adaptée patiemment. J’ai imaginé un voleur bourré de remords, torturé par la culpabilité, poursuivi par son ombre et sa conscience. Et c’est seulement dernièrement que j’ai réalisé la force incontestable de ce sujet. Le "sentiment d’insécurité" est l’une des questions les plus débattues dans la société argentine, c’est presque une affaire d’état. A Tucumán, la province où je vis, les voleurs en moto sont le centre de toutes les conversations et sont l’incarnation du diable. Ces affaires de vols en moto augmentent et les gens réagissent par des lynchages, décidant de faire justice eux-mêmes. Ces luttes violentes entre personnes issues de la même classe sociale m’ont inspiré pour écrire cette comédie dramatique, sur deux personnages qui essayent de trouver un sens à leurs vies. « El moto arrebatador » est aussi un clin d’œil à la périphérie de San Miguel de Tucumán, la ville la plus petite et la plus surpeuplée d’Argentine. Un lieu quasi surréaliste où la police peut décider de se mettre en grève et où le peuple peut piller des supermarchés en repartant avec des tas d’appareils empilés sur leurs motos." Agustín Toscano

 

 

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=264139.html

https://www.abusdecine.com/critique/lhomme-a-la-moto/

https://www.telerama.fr/cinema/films/el-motoarrebatador,n5609070.php

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